Jean Caux, dit Cataline.

Un texte de Marie-Hélène Bourret

Jean Caux, mieux connu sous le surnom de Cataline est né en France dans la région du Béarn entre 1830 et 1832; il est une figure quasi mythique de l’histoire de la Colombie-Britannique.  La ville de Williams Lake a érigé une statue en son honneur. Il a été un transporteur important, opérant ses trains de chevaux ou de mules pour plus de cinquante ans dans l’intérieur de la Colombie Britannique.

Il serait arrivé dans la vallée du Fraser lors de la ruée vers l’or de 1858, sans doute depuis la Californie.  On a des photos du personnage : grand, large d’épaules, portant ses cheveux frisés très longs, petite barbichette selon la mode de l’époque, toujours vêtu de la même chemise blanche, de lourds pantalons de laine et chaussé de bottes d’équitation dans lesquelles il cachait un couteau.  Il ne portait pas de chaussettes.  Et sur la route, il coiffait un sombrero.

Au début de ses opérations, il avait un partenaire, Joe Castillou, un autre français.  Mais les deux hommes se séparèrent bientôt, et Castillou alla s’installer à Merritt.  Après y avoir fait du ‘’packing’’ pendant quelques temps, il s’installa sur un ranch et y éleva sa famille.  L’un de ses fils laissa sa marque dans l’histoire de Merrit.  Nous parlerons de lui un peu plus loin.

Au début, Cataline n’avait que trois ou quatre animaux de bât, dans le train pour amener les biens indispensables aux mines, et aux mineurs du Cariboo, durant la ruée de 1860.  Plus tard, s’ajoutèrent les clients des districts de Omineca et de Cassiar. Cataline était le principal transporteur, le principal ‘’train packer’’ pour ces régions.  Bien vite, ses trains comptaient jusqu’à 60 animaux, bien que leur nombre fluctuât selon les saisons.

Dans les années ‘70 et ‘80, il hivernait ses animaux dans les vallées à l’ouest de Ashcroft et au printemps il les conduisait au nord du terminus de la ‘’Caribou Wagon Road’’ à Quesnel. C’est là le point de départ de deux ou trois convois par été, amenant vers le nord les marchandises tant recherchées :  nourriture, outils, pièces d’équipement, livres, vêtements, bref, tout ce qui était nécessaire au maintien des communautés et à leur développement. 

Caux avait épousé une femme de Thompson, de la nation Spuzzum.  Cette NLaka’pamux avait choisi le nom d’Amelia York; son nom à la naissance était C’eyxkn.

L’on croit que le couple a eu deux ou peut-être même trois enfants.  L’aîné avait pour nom William Benjamin, le deuxième RhodaDominic Urquhart et la dernière Clara DominicClare qui aurait eu plusieurs descendants. 

Après la complétion du chemin de fer du Canadien Pacific, il déménagea à Ashcroft, mais laissa son épouse et les enfants à Spuzzun; il continua cependant à supporter sa famille en laissant derrière lui 20$ en pièces d’or.  C’est durant cette période que Jean fut naturalisé Canadien en 1897 par le Juge Matthew Baillie Begbie.

Lorsque la construction du Grand Trunk Pacific Railway fut annoncée, il déménagea ses opérations à Quesnel, afin de mieux couvrir le Centre de la province.  Il a desservi les régions du Cariboo, du Central Interior et de la Rivière Skeena jusqu’en 1912, lorsqu’il prit sa retraite à Hazelton.  En 1920, il décida de passer ses hivers à Victoria, mais après la première saison dans la Capitale, au Dominion Hotel, il retourna finir ses jours à Hazelton.  Il vécut jusqu’à l’âge de 90 ans et la plaque de cuivre sur sa tombe à Hazelton se lit simplement :   Jean Caux – Cataline, the packer