Gisèle Samson, bénévole extraordinaire!

Par Marie-Hélène Bourret

Gisèle Samson a quitté le poste qu’elle occupait depuis bien des années comme bénévole à l’Association historique francophone de Victoria.  L’AHFV a voulu lui rendre hommage.  Voici une copie du texte lu en son honneur lors de l’AGA du 5 septembre dernier.

Gisèle ne s’est pas inventée lors de son déménagement en Victoria en 1996.  Elle a laissé sa marque partout où elle passait.  Elle a un esprit communautaire, un vrai, pas juste un d’occasion pour avoir un travail, ou pour le temps d’un projet.

Son père lui a donné son identité de québécoise, de francophone… associée très tôt à la politique, elle est une militante engagée. 

Au début des années 1960, elle est professeur dans une école primaire de Montréal.  Elle se met à l’espagnol puis passe quelques mois au Mexique, d’abord avec la Compagnie des Jeunes Canadiens, puis avec Jeunesse-Canada-Monde et Katimavik, entre autres.  Elle s’y fera des ami.e.s avec lesquels elle correspond encore.

Elle déménage dans l’Outaouais ou elle devient infirmière en santé communautaire (CLSC).  C’est là qu’elle et Jacques vivront dans une co-op d’habitation francophone au sud d’Ottawa, entre 1983 et 1987.

Lorsque Jacques est relacalisé à Victoria pour son travail en 1996, Gisèle se trouve un emploi comme Aide pédagogique spécialisée à l’École Victor-Brodeur.  Et elle commence à se mêler rapidement à la communauté.  Et pour elle, cela veut dire plus que de participer aux activités le ‘’fun’’, cela signifie s’impliquer comme bénévole à plusieurs niveaux.

Une cause à défendre, quelqu’un à aider, Gisèle est là,  souvent à la proue du navire!

Elle rejoint Réseau-Femmes Colombie Britannique. Cet organisme à but non lucratif a comme mandat de représenter, promouvoir et défendre les femmes francophones de la Colombie-Britannique afin de contribuer à leur épanouissement.  En 2000, elle devient facilitatrice du groupe-satellite local.  Dès 2002, elle reçoit la mention de Bénévole de l’année.

Mais elle a aussi œuvré ailleurs :  animatrice de CILS-FM dès ses débuts, elle anime avec Jacques les toutes premières émissions.  Elle prendra d’ailleurs l’antenne pendant plusieurs années : Monde Communautaire, capsules historiques, toutes ses émissions agrémentées par de la musique francophone choisie dans sa discothèque personnelle.  Elle est souvent interviewée sur des sujets reliés à la francophonie et à l’histoire.

Elle portera la lourde tâche de Gardienne des Archives de l’AHFV entre 2004 et 2020.  Elle a été responsable entre autres activités, du comité des Plaques Commémoratives entre 2007 et 2018.  https://ahfv.org/archives/plaques-et-briques-commemoratives/

Elle a organisé des activités publiques historiques en français et en anglais. Elle a donné plusieurs conférences au cours des années et participé à des émissions de télévision et de radio. 

Émission de Radio-Canada :  Boulevard du Pacifique

Elle est, encore maintenant, une référence en histoire francophone de Victoria.

Elle établit un partenariat avec la Société des amis de l’Académie Sainte-Anne pour donner des visites guidées des lieux en français et en anglais pour mieux faire connaître la place des Sœurs de Ste-Anne dans l’histoire de Victoria.  Elle a collaboré à la création de six bannières déroulantes sur des personnages historiques francophone.  Elle a animé les 12 ateliers Souvenance-Reconnaissance d’un projet Nouveaux Horizons, de mai 2017 à mars 2018.

 Visite de l’académie Sainte-Anne, décembre 2017

Elle a aussi participé à la rédaction de quatre chapitres du Tome II de Présence Francophone.  Elle a organisé de nombreuses expositions, a participé à des salons, à des foires, à des réunions. Elle a établi de nombreux contacts, créé des collaborations et les a maintenu vivantes.  Elle a aussi parfois forcé la main à des organismes de plusieurs paliers de gouvernements, ou à des organisations privées, pour faire reconnaître notre histoire.

Et cette année, malgré une prise de retraite annoncée il y a 2 ans, elle réussit le tour de force d’obtenir les permis nécessaires pour ériger une stèle funéraire sur la tombe de Léon Morel(le), un voyageur et colon de la première heure.  C’était un projet qui lui tenait à cœur depuis plusieurs années, et grâce à sa ténacité elle a réussi.  En collaboration avec le Old Cemetary Society, malgré les conditions particulières de 2020, la stèle sera dévoilée le 6 septembre.

Et,  demanderez-vous, a-t-elle été  reconnue pour ce travail? 

Elle reçut le Prix de Bénévole de l’Année 2002 de Réseau-Femmes de la C.-B.

En 2012, elle reçoit le Prix Henriette-Moreau de la SFV.

Elle a reçu en 2013 la Médaille du Jubilé de Diamant de la Reine Elizabeth II, pour le Patrimoine et l’Histoire.

En 2018, la Société Historique Francophone de la Colombie-Britannique la nomme ‘’Membre Honoraire’’. La même année l’AHFV la reçoit comme ‘’Membre à vie’’.

La même année, elle devient membre à vie de l’AHFV.

Le Prix Fortin-Terrien de la Société francophone de Victoria en 2019, lui est remis, conjointement avec Jocelyne Fontaine, Christiane Raffaëlli et Jacques Vallée.

Le Bureau des affaires francophones et francophiles de la C.-B. reconnaît son importante contribution à la préservation et à la promotion de l’histoire francophone de Victoria et de la province en 2019.

Comment résumer en quelques lignes le travail d’un quart de siècle?  Comment mettre en mots les heures consacrées aux projets, l’énergie dépensée, les tracas des demandes de subvention, la passion, la ténacité nécessaire à faire avancer les choses, les soucis, les embûches renversées? Comment remercier cette femme au grand cœur, cette femme de tête, ce pilier de la communauté?

Tout simplement en lui disant merci pour son engagement, merci pour sa foi en la cause francophone, merci pour sa fierté de parler français.

Ce ne sera pas pareil, sans toi,  Gisèle!