Marie Bourgeois – Conseil Scolaire Francophone – Fédération des francophones de la Colombie Britannique – Guy Roy

 

… ‘’vieille chanson française… 3 minutes…

 

Dramatique 1 :

‘’ Quand je me suis mise à penser plus spécifiquement à ce qui me venait en tête quand je pensais Vancouver, j’ai constaté que je devais présenter mon Vancouver.  Mon Vancouver, vous voyez, il est francophone.  Je suis probablement une des rares habitantes de cette région qui vit presque complètement en français.  Mon travail, mon bénévolat, mes craintes, mes espoirs, enfin tout ce qui colora la vie humaine se passe en français chez moi!’’

 

… intermède musical 30 sec… musique classique joyeuse…

 

Narration 1 :

La femme qui s’exprime ainsi dans les pages du magazine La Source de Vancouver, dans son édition du 6 décembre 2000, est madame Marie Bourgeois.

 

C’est en 1974 que cette francophone quitte Montréal, sa ville natale pour aller s’installer, avec son conjoint, à Vancouver.  Elle allait devenir une militante engagée dans et pour la francophonie hors-Québec.

 

Nécessité obligeant, elle se trouve rapidement du travail dans son nouveau chez-elle.  Le collège français de Capilano à Vancouver Nord devient son lieu d’attache.  Elle prend plaisir à partager avec ses étudiants, non seulement l’apprentissage du français, mais aussi la culture du Québec.  Elle parle de sa très grande famille, mi-acadienne par son père, mi-irlandaise par sa mère.

 

Quelques années plus tard le couple attend son premier enfant.  L’arrivée de ce garçon réveille l’âme de bénévole de Marie.  Elle veut s’investir dans la vie communautaire francophone.  Elle se dit qu’elle doit donner de son temps et de son énergie afin que son fils puisse parler français, non seulement à la maison, mais aussi à l’école, dans ses activités para-scolaires, avec ses amis, bref dans la vie de tous les jours.

 

Elle se joint à plusieurs organisations déjà existantes, aide à en créer de nouvelles, et est de toutes les batailles.

 

C’est ainsi qu’elle siègera sur plusieurs conseils d’administration :  le Théâtre de la Seizième, la Fédération des parents francophones, la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, la Société Maison de la francophonie et la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada.

 

Dramatique 2 :

… ambiance de banquet…

 

Maître de Cérémonie :   Mesdames et Messieurs, bonsoir.  Je suis extrêmement honoré ce soir de participer à la cérémonie de remise des distinctions de l’Ordre du Canada 2004.  Avant de débuter, laissez-moi vous rappeler ce qu’est l’Ordre du Canada.

Créé en 1967 par Sa Majesté la reine Elizabeth II, l’Ordre du Canada est la pierre angulaire du Régime canadien de distinctions honorifiques. Il reconnaît des réalisations exceptionnelles, le dévouement remarquable d’une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation. Des Canadiennes et des Canadiens de tous les milieux de la société ont reçu l’Ordre du Canada. La nature de leurs réalisations est extrêmement variée, mais la façon dont ils ont changé nos vies et le visage de notre pays les unit.

 

… appaudissements….

 

Maître de Cérémonie :  Et toutes les personnes investies de l’Ordre du Canada peuvent se targuer de bien en représenter la devise qui est :  Desiderantes meliorem patriam, c’est-à-dire, Ils veulent une patrie meilleure. 

Il me fait grand honneur de laisser le podium à Son Excellence la très honorable Adrienne Clarkson, Gouverneure générale du Canada.

… appaudissements….

 

Adrienne Clarkson :  Nous allons honorer plusieurs canadiens et canadiennes ce soir.  Nous allons débuter par ceux et celles qui deviendront membres de l’Ordre du Canada, puis, les officiers, et nous terminerons par les Compagnons.

Nous procéderons par ordre alphabétique.

J’appelle Madame Marie Bourgeois, connue pour son engagement dans la promotion de la langue française et de la culture francophone.

La première personne à être décorée de l’Ordre du Canada ce soir, est directrice exécutive de la Maison de la francophonie de Vancouver.  Par son leadership inégalé et son travail au sein de plusieurs conseils d’administration d’organisations francophones de la Colombie-Britannique, elle a fait campagne pour représenter, et défendre les intérêts des femmes et des parents francophones de sa province. Elle a contribué à l’avancement de dossiers importants allant de l’éducation à l’implantation de la Maison de la Francophonie.

Elle est la preuve vivante, et exemplaire, qu’une langue et une culture peut vivre et fleurir en situation minoritaire.

Et j’ai nommé, Madame Marie Bourgeois.

 

… applaudissements….premières mesures du O’ Canada!… diminue en fermeture…

 

Narration 2 :

La bataille pour le droit à l’instruction en français pour la minorité francophone en Colombie-Britannique a été longue, et encore aujourd’hui, en 2035, nous devons rester vigilants.

Plusieurs regroupements constitués de parents, d’enseignants et de groupe d’action politiques ont permis à ce que les droits inscrits dans la chartre des droits et des personnes soient respectés.  La présence francophone en Colombie Britannique s’est échelonnée sur plus de 200 ans.  Voici un bref historique de la bataille des francophones pour leur droit d’étudier en français en Colombie Britannique, selon la chartre canadienne des droits et libertés de la personne. J’ai choisi de couvrir la période se terminant au début du 21ième siècle.

 

18E SIÈCLE

1793 – Expédition d’Alexandre McKenzie. Dix membres l’accompagnent dont six sont des Voyageurs canadiens français (Doucette, Landry, Beaulieux, Bisson, Beauchamp et Contois).

 

19E SIÈCLE

1807 – Un groupe de Voyageurs fonde Fort George, aujourd’hui Prince George.

1848-1849 – Au départ, les écoles religieuses françaises étaient destinées aux Amérindiens, aux Métis, aux Francophones, puis à la demande des autorités, les écoles doivent aussi accommoder les enfants anglophones.

1860-1890 – Sur une période de 30 ans, les religieux et religieuses francophones établissent des écoles à divers endroits de la province (Kelowna, Mission, Williams Lake, Kamloops et Cranbrook).

1871 – Création du système d’école publique en Colombie-Britannique.

 

20E SIÈCLE

1910 – Plusieurs francophones arrivent de l’Est. Ouverture de la première école catholique de Maillardville, l’école Notre-Dame de Lourdes, qui ouvre ses portes aux enfants francophones de la communauté.

1964 – La Fédération canadienne-française de la Colombie-Britannique (F.C.F.C.B.) concentre ses efforts sur l’établissement d’écoles françaises non confessionnelles dirigées et administrées par des commissaires francophones.

1977 – Près de cent ans après avoir établi un système d’éducation publique, le gouvernement de la C.-B. accorde aux francophones le droit à l’instruction en français.
Les principes gouvernant l’enseignement en français sont établis dans un programme portant le nom de « Programme cadre de français » (PCDF).

1979 – Le PCDF débute avec 232 élèves répartis dans 9 programmes sous la juridiction des districts scolaires anglophones.

1982 – Adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. L’article 23 de la Charte donne le droit aux minorités de langues officielles à l’éducation pour leurs enfants, dans leur langue maternelle, et ce là où le nombre le justifie.

1983 – Ouverture de la première école francophone publique et homogène de C.-B. : l’école Anne-Hébert de Vancouver.

 

… intermède musical 30 secondes…

 

1995 – Novembre – Création, par voie de réglementation, de l’Autorité scolaire (Francophone Education Authority) ayant une juridiction sur le territoire compris dans le corridor Chilliwack – Victoria.

1997 – 28 juillet – Assemblée législative adopte le projet d’amendement à la Loi scolaire (Bill 45) et par le fait même reconnaît de façon permanente les droits des francophones en matière d’éducation en C.-B.

1999 – Juillet – Le CSF obtient la juridiction sur le programme d’éducation francophone à travers toute la province. Le nombre de régions électorales passe de 5 à 7.

 

21E SIÈCLE

2002 – Le ministère de l’Éducation alloue 15 millions $ pour la construction de 2 écoles francophones : l’école Gabrielle-Roy à Surrey et l’école André-Piolat à North Vancouver.

2004 – Le Conseil scolaire continue de grandir. Le ministère de l’Éducation accepte de financer la construction de 2 nouvelles écoles : l’école Victor-Brodeur à Victoria et une école secondaire à Vancouver. Près de 3 500 élèves fréquentent 37 programmes, et ce incluant 19 écoles homogènes dont 14 appartiennent au CSF.

2009 – Le CSF compte 3,500 élèves. 38 écoles dont 23 sont homogènes, offrent un programme d’enseignement de la maternelle à la 12e année, des cours en ligne, le programme du baccalauréat international et signe une entente de cinq ans sur le rehaussement de l’éducation autochtone sur l’ensemble de son territoire. Le nombre des inscriptions augmente de plus de 3% annuellement. Ses écoles débordent.

 

… intermède musical 3 minutes…

 

Dramatique 3 :

 

…ambiance salle de classe avant début d’un cours…

 

Élève :  Madame, est-ce que vous pensez que j’en trop mis, dans le bout narration?

Prof d’histoire :  Bien… non… mais tu ne parles pas des batailles juridiques?

Élève : Ça été très long et très compliqué; il y a eu des demandes en appel, des amendements, des refus de la part du gouvernement d’obtempérer aux jugements rendus…et je m’y perds un peu.

Prof :  C’est vrai que cela a été compliqué.  Mais je crois qu’il est important de mentionner que la bataille pour le droit à l’éducation en français en Colombie-Britannique en a été une juridique.

Élève :  Pourquoi est-ce que c’est important?

Prof :  Parce que l’énergie, le temps et l’argent investis font foi de la détermination, de l’opiniâtreté des parents et des défenseurs des droits des francophones dans le dossier.  Tu sais, les premiers professeurs en Colombie-Britannique, les religieux qui sont venus ici dès les tous débuts de la colonisation avaient trois valeurs importantes, pour lesquelles ils se battaient :  nos droits, notre langue, notre foi.

Élève :  Notre foi?  Bien, on est pas tous catholiques, les francophones.

Prof :  Tu as raison, la francophonie est une mosaïque de croyances… mais je crois que les deux autres valeurs, droits et langue… et bien, les francophones les ont toujours conservées, et c’est grâce à ces valeurs fondamentales qu’aujourd’hui tu peux avoir une éducation en français.

Élève :  Et si j’ajoute un paragraphe là-dessus, ça ira?

Prof :  Oui.  Faudrait peut-être faire un lien plus clair entre Madame Marie Bourgeois et la bataille pour l’instruction en français.

Élève :  C’était pas clair?… attendez, j’ai ça dans mes notes… oui… voici !  Elle a représenté la Vallée du Fraser au sein du Conseil Scolaire Francophone de 1998 à 2010 et a été présidente du Conseil Scolaire de 2006 à 2010.

Prof :  Ça pas besoin d’être long… juste un petit paragraphe… Mais ton travail est pas vraiment assez long… as-tu d’autre chose à ajouter?

 

….cloche sonne début du cours…

 

Élève :  Je voulais terminer avec l’historique de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, un des groupes qui ont été partie de toutes les batailles menées par les francophones dont, bien sûr, celle pour l’éducation en français.

Prof :  Bonne idée…tu reviendras me faire voir ton brouillon.

 

… intermède musical 30 secondes…

 

Narration 3 :

 

Dans les tous débuts, alors que tout était à faire, que la Colombie Britannique n’en était encore qu’à ses balbutiements, les francophones de toutes les origines s’organisèrent autour du commerce de la fourrure, des métiers du bois, et plus tard, en bâtissant les paroisses catholiques et francophones.  Le parvis de l’église, la salle paroissiale, devenaient des lieux de rencontre et d’échange.

 

Ils se sont ensuite rassemblés autour d’intérêts communs : groupe de lecture, équipes sportives ou club d’art dramatique.

 

Au début du 20ième  siècle, de nouvelles organisations voient naissance en différentes régions de la province :  Victoria, Vancouver, New Westminster, Duncan.  Les communications, autant postales que par la route sont difficiles à l’époque.  Enfin, au début des années 1940, plusieurs de ces regroupements font des représentations auprès des gouvernements provincial et fédéral, mais aussi du gouvernement du Québec pour faire reconnaître la contribution des francophones à l’histoire de la Colombie-Britannique. Mais l’union fait la force… pourquoi ne pas joindre les efforts?

 

Ce sont trois femmes de Victoria, membres du Club Canadien-Français de la Colombie Britannique, Mesdames Cécile et Irène Goguillon et Madame Yvonne Fortin-Terrien qui proposent l’idée d’une fédération qui rassemblera les différents clubs et cercles de la province.  C’est ainsi que le 24 juin 1945, fête du patron des canadiens-français, que naît la Fédération canadienne-française de la Colombie-Britannique, connue maintenant comme la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique.

 

La Fédération a, à travers les années, porté et défendu plusieurs dossiers.  La liste des victoires et des réalisations est longue :  l’éducation en français, depuis la maternelle jusqu’à l’université, le droit de subir un procès en français, de se faire soigner et de recevoir des services du gouvernement fédéral, en français.  Puis, viennent les garderies francophones, la Société de développement économique, les centres communautaires, le Réseau francophone en immigration, les Rendez-vous de la francophonie canadienne et bien d’autres dossiers qui ont garanti la survie et l’épanouissement de la communauté francophone en Colombie-Britannique.

 

… intermède 30 secondes….

 

Dramatique 4 :

 

… bruits corridors d’école… fin des cours… cases qui se ferment….

 

Prof :  Écoute… j’ai lu ton travail… c’est bien… mais c’est un peu sec…

Élève :  Sec?  Qu’est-ce que vous voulez dire?

Prof :  La première partie, sur madame Bourgeois est plus… comment dire… attrayante… tu nous fais un portrait de la femme, nous la rend vivante.  En deuxième partie, celle qui concerne le Conseil scolaire francophone, tu énumères des dates, des faits… tu fais un peu la même chose avec l’historique de la Fédération des francophones… c’est sec… impersonnel…

Élève :  Oh!… je comprends… hum… bien, j’ai trouvé un petit quelque chose sur un des présidents de la Fédération… mais, je croyais que la partie historique était plus importante.

Prof :  L’histoire, ce sont les gens qui la font.  Ce sont les individus, les parents d’élèves, les membres d’associations, les élus au sein de ces associations, les gens comme toi et moi.  Les étudiants sont souvent rebutés par l’histoire, car ils ne voient que les dates et les guerres… il faut s’intéresser aux gens, à leur histoire.  Alors, parle-moi de ce président… Quel est son nom?

Élève :  … il tape sur son clavier d’ordi…. Petit délai de chargement…  Bin voyons! C’est bien long à charger!… voilà!  Son nom est Guy Roy.  Il a été président de la Fédération des Francophones entre 2008 et 2015.  Il s’est souvent déplacé pour participer à des rencontres concernant la francophonie canadienne hors-Québec.

Prof :  Pas si vite!  Tu dois d’abord nous présenter la personne… d’où vient-il?  Quel est son bagage? Son expérience professionnelle?

Élève :  Bien, il avait obtenu un doctorat de l’Université McGill en écologie microbienne et a continué ses études post-doctorales en microbiologie terrestre de l’Institut Max-Planck d’Allemagne et au CNRC de Montréal.

Il a été professeur de biologie à l’Université de Victoria.  Il a publié de nombreux articles scientifiques et a collaboré à l’écriture de livres sur l’écologie microbienne.

Prof :  Bon… c’est bien.  On en connaît un peu plus sur le personnage.  A-t-il été impliqué dans d’autres organismes?

Élève :  Oui!… comment vous savez ça?

Prof :  Ce sont souvent les mêmes battants que l’on retrouve dans divers groupes de défense… ce sont ces gens avec une vision, une mission, qui font avancer les choses.  Alors, ton monsieur Roy, est-ce qu’on le retrouve ailleurs?

Élève :  Oui.  De 2013 à 2015, il a été co-président du Conseil Paroissial de la Paroisse St. Jean Batiste de Victoria. Il a aussi été président de la Société Francophone de Victoria de 2006 à 2008.  Aussi, pendant plusieurs années, il a siégé comme président du comité des Prix francophones à la Foire des sciences de l’UVIC.

Prof :  A-t-il reçu des prix en reconnaissance de son travail dans la francophonie?

Élève :  Oui.  Il a honoré en 2010, en recevant le prix Fortin-Terrien.

Prof :  Tu vois, maintenant?  Le Docteur Guy Roy, son histoire, donnent une couleur, une saveur à l’histoire francophone que tu racontes.

Élève :  Je comprends… il me restera juste à trouver comment l’intégrer dans le texte de mon travail… vous avez une suggestion?

Prof :  …. Elle rit… je pense que je t’ai assez aidé pour aujourd’hui… je peux pas te mâcher tout le travail… Faut que tu travailles un peu… Allez… uses de ton imagination!

 

… chanson 3 minutes…