1. Épilogue

 

Dramatique 1 :

Prof :  Dernier cours de la cession!

Étudiants :  Yeah!… sifflent, applaudissent… bravo…

Prof :  en riant… Et si suis aussi contente que vous… enfin les vacances!

J’ai lu et/ou écouté pour ceux et celles qui ont choisi d’utiliser CILS FM, vos travaux et de dois dire que j’ai été impressionnée par la qualite de recherche et d’écriture.  Bravo!   Les notes vous seront remises à la fin du cours… Je peux vous dire, cependant, que la note la plus basse est un b+ !  …aaa…

Étudiants :  Yeah!

Prof :  On se calme!… rires… J’ai aussi beaucoup aimé le choix de musique, pour ceux et celles qui ont décidé d’en faire une émission de radio.  Pertinent, belle recherche!  Et quelles belles découvertes!

Mais, bien sûr, il y a plusieurs noms sur ma liste de sujets qui n’ont pas été choisis.  Ce qui est tout à fait normal, puisque j’en avais écrit plus du double que ce dont nous avions besoin.

Il y avait pourtant un sujet que j’aurais aimé bien aimé voir développer et c’est celui intitulé :  De Victoria àVladivostok… et parce que c’est un moment de notre histoire que je considère représentatif de notre force, de notre volonté et de notre résistance en tant que peuple, j’ai décidé de vous lire un texte trouvé sur Wikipedia  sous le titre :  Corps expéditionnaire Sibérien.

… musique russe…

Narration 1 :

Le Corps expéditionnaire sibérien, en anglais Canadian Siberian Expeditionary Force ou C.S.E.F., est une unité du Corps expéditionnaire canadien envoyée en 1918 à Vladivostok, à l’est de l’Empire russe, pour soutenir l’intervention alliée pendant la guerre civile russe. L’unité comptait 4 192 hommes sous le commandement du Major général James H. Elmsley

L’intervention alliée en Sibérie est due à plusieurs facteurs. Les alliés craignaient que les Allemands aient accès, de façon directe ou indirecte, aux ressources naturelles de l’Extrême-Orient russe via le Transsibérien et que cela fasse leur donne l’avantage sur le front de l’Ouest. S’y ajoutaient une hostilité manifeste envers les bolcheviques, particulièrement de la part de Winston Churchill, et la volonté de préserver intérêts commerciaux et économiques. Le cas des prisonniers de guerre tchèques internés dans des camps suscitait la sympathie de plusieurs gouvernements et plus particulièrement des États-Unis. La décision d’intervenir directement fut prise quand les troupes tchèques tentèrent de sortir de Russie pour prendre le contrôle d’une grande partie du Transsibérien.

L’implication du Canada dans la campagne de Sibérie est largement due à la politique menée par le premier ministre canadien Robert Borden à l’égard du Royaume-Uni. En tant que dominion, le Canada n’était ni membre à part entière de l’Entente ni une colonie. Pour Robert Borden, la participation du Canada « avait peu à voir avec la Sibérie elle-même et visait beaucoup plus à rendre le gouvernement britannique redevable à son partenaire canadien. » Selon Gaddis Smith, l’intervention du Canada « représente le point de départ de la lutte du Canada pour contrôler totalement sa politique étrangère après la première Guerre mondiale. En tant que telle, elle illustre l’évolution des relations au sein de l’Empire britannique bien mieux que les projets d’actes constitutionnels timidement rédigés par les chefs d’État du Commonwealth entre 1917 et 1931. »

Sur le plan intérieur, l’intervention est présentée au public comme une chance à saisir sur le plan commercial et économique. Cependant, après l’armistice, l’opinion publique se retourne contre l’engagement à l’étranger, particulièrement avec des conscrits appelés sous les drapeaux

Le Cabinet autorise l’intervention début août 1918 après que Robert Borden a donné son accord. Le départ est retardé par une tentative infructueuse de lever une troupe de volontaires, des mutineries ont lieu à Victoria avant l’embarquement. La campagne militaire est critiquée par le parti travailliste, par l’opinion publique, dont des agriculteurs des Prairies canadiennes, et par le Toronto Globe.

Le 259e Bataillon est un bon exemple d’une unité formée spécialement pour une mission.  Il était composé de deux compagnies venant de l’Ontario et deux autres du Québec.  Ces dernières regroupèrent surtout des conscrits de Montréal et de Québec, soit les régions du Canada ayant le plus protesté contre la conscription et l’ayant même rejetée lors de l’élection référendaire de 1917.  Des 1083 homes du bataillon, seuls 378 furent des volontaires  Cette situation cause des problèmes à la brigade et aura eu pour conséquence la mutinerie de certains soldats québécois en décembre, juste avant l’embarquement pour la Russie.

Le 21 décembre 1918, deux compagnies du 259e (Canadian Rifles) se mutinent dans les rues de Victoria en Colombie-Britannique.  La mutinerie se déclenche alors que les conscrits marchent du Camp Willows aux quais extérieurs de la ville.  À mi-chemin, un peloton de l’arrière refuse d’avancer et veut rebrousser chemin.  Les officiers sortent leurs révolvers et tirent en l’air pour essayer de calmer les mutins.  Comme cela est sans effet, ils ordonnent aux troupes loyales d’enlever leur ceinture de toile et de fouetter les mutins pour les faire rentrer dans le rang.  La troupe traverse le centre-ville de Victoria et arrive aux quais extérieurs encadrée de 50 soldats armés de fusils, baïonnettes au canon.  Vingt et une heures plus tard, le Teesta quitte le port de Victoria à destination de Vladivostok, avec une douzaine de meneurs aux arrêts en cellule.  Alors que la cour martiale déclare les accusés coupables de ‘’mutinerie et de désobéissance volontaire’’ les peines sont commuées par le Major général Elmsley avant l’évacuation de début avril, par crainte d’une mise en cause de la légalité du déploiement d’appelée au service militaire pour une mission  à la ‘’défense du royaume’’.

 

Ma liberté :  George Moustaki

 

 

Dramatique 2 :

Élève 1 :  Je ne comprends pas pourquoi c’est si important!!!???

Prof :  Hé bien, les raisons données au peuple, qui n’était pas dupe, étaient fausses.  On envoyait les soldats, en grande majorité des francophones du Québec et de l’Ontario, pour tenter de régler des problèmes d’indépendance politique envers l’Angleterre.  Ce sont les francophones qui se sont révoltés, qui ont été fouettés, mis en prison et accusés de trahison… Mais jetez-y un coup d’œil :  vous allez comprendre.

Maintenant, j’aimerais que vous me disiez sur quelle base vous avez choisi vos personnages.  Des volontaires?

Élève 1 : Bien pour moi, ça a été un peu par chance.  J’ai ouvert un livre que j’ai trouvé à la bibliothèque :  Présence Francophone à Victoria, et j’ai été attirée par les Sœurs de Ste-Anne.

Élève 2 :  Moi, c’est quant j’ai été visiter les studios de CILS FM, pour leur radiothon, avec mes parents.

Élève 3 :  (garçon)  Moi, j’ai fait un petit voyage avec mon grand-père et mon père; en route mon grand-père nous a raconté ce qu’il savait des francophones qui avaient colonisé le coin.

Élève 4 : Moi, j’ai fermé les yeux et j’ai laissé mon doigt choisir pour moi!

… rires…

Prof :  On n’en attendait pas moins de toi!!! Et maintenant, dites-moi ce que vous avez appris sur les personnages ayant fait notre histoire… en-dehors de ce que vous avez partagé dans votre travail.

Les élèves parlent tous en même temps

Prof :  Un à la fois s’il vous plaît!

Élève 1 :  Bien, moi, j’ai été un peu dépassé par ce qui s’est passé avec les Premières Nations!

Prof :  Explique-toi!

Élève 1 :  Bien, les Premières Nations avaient développé une culture sur l’Ile de Vancouver et sur le Continent depuis environ 13 000 avant l’arrivée des premiers blancs.  En l’espace de même pas 100 ans, le nombre de personnes parlant encore leur langue ancestrale avait diminué dramatiquement :  quand on perd sa langue, on perd sa culture, son histoire.  L’Église avait décidé qu’on devait évangéliser tous ces gens… les Premières Nations pratiquaient une spiritualité, uns système de croyances plus vieux que le christianisme, de plusieurs milliers d’années!!!

Élève 2 :  Et les pensionnats!  On a arraché les enfants à leurs parents, et on a fait pire…

Élève 3 :  Il y eut même des génocides organisés!  Faudrait pas oublier les couvertures remplies du virus de la petite vérole données en cadeau… et la création des réserves!  Tout ça, c’était la Compagnie de la Baie d’Hudson, le gouvernement britannique et le gouvernement canadien qui l’ont fait, main dans la main avec le clergé!

Prof :  Oui.  C’est vrai.  L’histoire, c’est souvent l’histoire de génocides, de guerres, de meurtres, d’invasion, de colonisation… mais comme vous avez pu le constater, l’histoire c’est aussi celle des gens qui veulent changer une situation pour le meilleur; ceux qui travaillent pour le bien commun, ceux qui font ce qu’il faut pour survivre, tout en essayant de faire le moins de dommage possible.

Élève 4 :  Bien moi j’ai trouvé que les premiers francophones avaient une bonne relation avec les Premières Nations.  Les voyageurs mariaient des femmes locales, et souvent, épousaient aussi la culture de leur conjointe.  Leurs enfants étaient élevés par la nation de la mère, dans la plupart des cas, apprenant la langue locale, en plus du français.  Plusieurs de ces épouses étaient des guides, des interprètes pour les voyageurs et même pour les missionnaires.

Élève 5 :  On a souvent oublié la place de ces femmes dans l’histoire.  Ainsi que celle des enfants métis nés de leur union avec des Européens.  La plupart des métis parlaient français.

Prof :  Et si on revient maintenant à ma question de départ :  qu’avez-vous appris des francophones ayant fait l’histoire de la Colombie-Britannique?

Élève 2 :  Si on commence dès le début… avec les voyageurs… ces gens-là étaient doués d’une force physique et morale extraordinaire!

Prof :  Explique.

Élève 4 :  Bien, d’abord, plusieurs avaient quitté l’Europe pour fuir la situation politique et économique plus que difficile à l’époque.  Ils s’établissaient au Québec, puis, joignaient une des multiples compagnies qui se spécialisaient dans la traite des fourrures, comme l’ont fait Radisson et des Groseilliers, les fondateurs de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Élève  2 :  Je peux continuer?

Élève 4 :  OK …

Élève 2 :  D’autres, nés au Québec, y voyaient une planche de salut.  Ils voulaient vivre l’aventure, voir du pays, faire fortune.  Pour ça, ils laissaient tout derrière eux, famille et amis, presque certains de ne jamais les revoir.  Et le voyage commençait!

Élève 1 :  Ils partaient du Québec en canot d’écorce ou de bois, avec de la nourriture pour tenir pendant quelques mois :  lard, farine, avoine, fèves déchées.  Et ils pagayaient… et pagayaient pendant des mois… quand l’eau devenait trop dangereuse, ils faisaient du portage… imaginez, vous venez de pagayer pendant 3 heures à contrecourant, vous transpirez à grosses gouttes et tout à coup, vous arrivez à une chute… vous sautez dans l’eau froide qui coule directement d’un glacier.  Puis vous faites du portage en gravissant une colline sur plusieurs kilomètres… et vous recommencez à pagayer!

Élève 3 :  Sans compter les dangers reliés aux territoires que vous traversez!  Ce n’est pas tous les peuples autochtones qui accueillaient ces nouveaux arrivants à bras ouverts.  Il y eut plusieurs escarmouches.  Puis finalement, ceux qui réussissaient à se rendre dans les postes de traite devaient tout faire :  défricher, construire, explorer, établir des relations commerciales avec les Premières Nations…

Élève 4 :  Et comme je disait, ces hommes-là à grande majorité francophone étaient doués d’une force physique et morale extraordinaire.  Les religieux faisant le voyage vers les terres de l’ouest vivaient les mêmes défis.

Prof :  Bien vu!  Et après 1858 et la ruée vers l’or…?

Élève 5 :  C’est alors que les femmes ont commencé à arriver.  Les Sœurs de Ste-Anne du Québec, les institutrices venant de Californie, comme Madame Petibeau… mais aussi des gens d’autres métiers, des colonisateurs, des défricheurs, des bâtisseurs de villages.

Élève 3 :  Des gens qui ont fait de la politique, comme Joly de Lotbinière, qui a nettoyé les écuries d’Augias!

… rires…

Prof :  En effet, dis-nous qui était Augias!

Élève 3 :  Vus vous souvenez pas, en histoire de la Grèce et la Rome Antiques, des douze travaux d’Héraclès?

Élève 5 :  je me souviens des 12 travaux d’Astérix!

….rires…

Les 12 travaux d’Astérix :  La Samba d’Obélix

https://www.youtube.com/watch?v=E-FUA7kLQ3A

 

Élève 3 :  Très drôle!  Je m’explique… La Compagnie de la Baie d’Hudson et le gouvernement de la Colonie étaient un peu trop proches l’un de l’autre… les intérêts de l’un devenaient les priorités de l’autre.  On a nommé Joly de Lotbinière comme lieutenant-gouverneur… un francophone… pour nettoyer… à la classe… pour nettoyer quoi?

Classe :  Les écuries d’Augias!

… rires…

Prof :  Merci!  Bonne comparaison! En fait… C’est exactement ça! L’expression ‘’Nettoyer les écuries d’Augias’’ signifie :  nettoyer un lieu extrêmement sale… Bien dit!  D’autres commentaires?

Élève 6 :  Il y a eu toutes ces femmes, tous ces hommes, nés ici ou venus d’ailleurs qui ont construite des villages et bâti des communautés francophones, partout dans la province.  Des villages et des paroisses qui existent encore aujourd’hui!  Comme Maillardville!

Élève 1 :  J’ai trouvé un dépliant au Visitor Center.  C’est une visite auto-guidée des lieux qui ont marqué l’histoire francophone de Victoria.  J’ai fait la visite avec ma grand-mère qui est venue nous visiter le mois passé.  On a trouvé ça bien intéressant.

Élève 3 :  Bien moi, dans le Tome 2 de Présence francophone à Victoria, j’ai mis la main sur une liste de plaques commémoratives que l’Association Historique a érigé un peu partout dans le grand Victoria.  J’ai pas fait le tour, mais quand je m’adonne à passer tout près d’un des sites, je vais voir la plaque.

Prof :  Faudra partager cette liste avec tout le monde !  Maintenant, je reviens en-arrière.  Quelqu’un a dit quelque chose de très important :  quand on perd sa langue, on perd sa culture, son histoire.  Il ne faut pas oublier tous ces gens, toutes ces organisations qui se sont battues pour les droits des francophones.  La Colombie-Britannique ne reconnait pas le français comme langue officielle de la province.  Le droit à l’éducation en français a aussi  été gagné à l’arraché.  Les services gouvernementaux et les services en santé en français… tout cela, nous l’avons aujourd’hui grâce à ceux qui sont venus avant nous.

Élève 6 :  Et comment on sait ça?  C’est par ce qu’il y a des gens qui se sont faits gardiens de l’histoire… Ces archivistes, ces historiens bénévoles, qui ont compilé les informations et les ont partagées de différentes manières :  production de livres, conférences, spectacles, site internet.

Élève 3 :  Et il ne fait pas oublier les artistes, les créateurs de tous genres :  chanteurs, écrivains, artistes visuels, danseurs… Ça, c’est notre culture.  Et elle est de toutes les couleurs, de tous les accents, de toutes les origines.  C’est ça, la francophonie de la Colombie Britannique.

Prof :  Et si nous devions, aujourd’hui, dans notre classe, faire un portrait des francophones de demain, qu’auriez-vous à dire?

Élève 2 :  Je ne comprends pas???….

Prof :  Hum… Y a-t-il parmi vous des élèves qui sont engagés dans la communauté francophone, qui laisseront peut-être une trace dans l’histoire, notre historie?

Élève 2 :  Bien, il y a Paul qui fait du bénévolat pour l’Association historique!

Paul :  Bin là, je fais pas grand-chose… je vends les cartes de membres…

Prof :  Mais qui sait?  Peut-être que dans 10 ans, tu seras le président et tu amèneras l’association dans une nouvelle direction!

Élève 1 :  Il y a aussi Isabelle qui fait de l’aide aux devoirs pour les plus jeunes!

Isabelle :  Je pense pas que je passe à l’histoire pour ça!  Ça me donne un peu de sous…

Prov :  Encole là… peut-être que cela t’amènera à travailler en alphabétisation auprès des adultes… tu leur faciliteras la lecture en français, et ils pourront garder leur langue!

Élève 5 :  Mustapha!  Il a écrit une chanson, paroles et musique, l’a enregistrée et l’a envoyée au concours de la Chanson francophone étudiante de l’Ouest Canadien!

Prof :  Bravo Mustapha!

Mustapha :  J’ai pas encore gagné!

Prof :  Non, mais tu as participé!… Bonne chance.

Élève 6 :  Et il y a Pierre et Manon qui ont été choisis pour représenter l’école au Parlement Étudiant!  Nos futurs politiciens!…

Prof :… qui porteront très haut le flambeau des francophones!

…rires…

Prof :  Et j’ai entendu dire que plusieurs d’entre vous, après leur expérience avec la radio communautaire avec rempli le formulaire de proposition d’émission?  Bravo!  Des émissions qui seront créées par les jeunes, pour plaire aux jeunes!… et tout cela, tout ce que vous faites, tout ce à quoi vous participez, et bien, cela fait avancer la cause, cela assura la pérennité des organismes qui nous défendent, qui font la promotion du français, de notre culture.  Vous êtes les dirigeants de demain, les artistes, les historient, les défenseurs de nos droits… vous avez le pouvoir de prendre la relève afin qu’il soit possible de continuer à étudier, à travailler, à vivre et à s’amuser en français dans notre belle province

La langue de chez nous, de Yves Duteil avec Daniel Lavoie