CILS – Jacques Vallée- Gisèle Samson

 

… dans les studios de CILS FM… un journaliste interview Annabelle Harrisson, gagnante d’un prix de littérature… identification de la radio…

 

Dramatique 1 :

 

Journaliste :  Alors Annabelle, votre livre sera en librairie d’ici trois semaines. Rappelez-nous le titre?

Annabelle :  Les aventures d’Annabelle en francophonie.  Et le 12 du mois prochain, je serai à la Librairie Centrale pour une séance de signatures.

Journaliste :  Et tout cela en continuant vos études!

Annabelle :  On a tous besoin d’une passion dans la vie.  Moi, c’est la francophonie.

Journaliste :  Merci encore, Annabelle Harrisson d’être passée dans nos studios.  On se dit donc :  A la sortie du prochain livre!?

Annabelle :  … rit… C’est promis!

Journaliste :  Et nous vous laissons avec la chanson ‘’rétro’’ préférée d’Annabelle :  La langue de chez nous, de Yves Duteil

 

…. Yves Duteil… 3 minutes….

 

…. Ambiance corridor d’école… casiers qu’on ferme…

 

Dramatique 2 :

 

Pierre :  Wow!  J’écouté l’entrevue que tu as donnée à CILS!  Je savais pas que tu aimais tant l’histoire francophone!

Annabelle :  L’histoire de ma famille, de ses origines m’a toujours intéressée.  Ce n’est qu’en dixième année que je me suis penchée sur l’histoire des francophones.

Pierre :  Comment c’était, être interviewée à la radio, en direct en plus!

Annabelle : C’était un peu stressant, mais j’ai aimé ça.  Et après l’émission, j’ai discuté avec une des animatrices, une vieille dame qui connaît bien la radio.  Elle y a travaillé pendant des années, et y est bénévole depuis encore plus longtemps.

Pierre :  Et qu’as-tu appris?

Annabelle :  J’en ai appris plus sur l’histoire, évidemment!

Pierre :  Comment ça?

Annabelle : Bien, depuis maintenant, quoi… Ils sont entrés en ondes en 2007… on est en 2035…plus de 25 ans, la radio communautaire francophone de Victoria fait office de porte-voix pour la francophonie de la Colombie Britannique. Tu sais qu’il y a pas toujours eu un Ministère de la francophonie en CB? Alors, ça prenait des organismes communautaires pour représenter et défendre les droits des francophones, mais aussi pour faire la promotion de la culture.

Pierre :  Dans l’auto de mes parents, c’est toujours CILS FM.  J’aime bien la musique.

Annabelle :  Oh, mais la radio, c’est beaucoup plus que juste de la musique!

 

… Annabelle est interrompue par la cloche du début des classes…. Les étudiants entrent en classe…

 

Pierre :  Va falloir que tu m’en dises plus!

Annabelle :  Je vais fouiller encore un peu, mais je suis pas mal sûre que je vais en faire mon sujet de travail d’histoire.

Pierre :  Brillant!

 

…. Intermède musical, 30 sec….

 

Narration 1 :

 

Le Dr. Jacques Vallée, astronome de profession, se présenta à une réunion du Conseil d’administration de la Société Francophone de Victoria en 1999 dans le but de fonder la première (et seule à l’époque)  radio communautaire francophone de la Colombie-Britannique.

 

Le Dr. Vallée voulait demander à la SFV de devenir le ‘’parrain’’ d’une future radio communautaire.  Après de longues, et parfois ardues discussions, le conseil d’administration accepta à l’unanimité d’endosser le mandat de parrainage du projet radio.

 

Cette décision força un changement dans la Constitution, Statuts et Règlements de la SFV.  En effet, le projet radio n’y était pas inscrit.  Il fallut donc produire une modification temporaire.  Le Docteur Jacques Vallée fut nommé responsable et représentant officiel du comité radio, pour une période s’échelonnant de novembre 1999 à août 2001.

 

Puisque la Société Francophone de Victoria agissait comme parrain, elle se devait de porter le projet jusqu’à sa réalisation (donc de 1999 jusqu’à l’incorporation de la radio en 2004); il était primordial que le projet puisse survivre aux différentes élections annuelles du Conseil d’administration, et aux priorités appelées à se modifier au cours des années.

 

Le rôle du Docteur Vallée, durant la durée de vie du Comité Radio, mais aussi suite à son incorporation,  impliquait plus que de la coordination :  il écrivit une dizaine d’articles dans le magazine Le Réverbère avant l’incorporation, et une quarantaine par la suite.

 

Il dut aussi s’assurer que la SFV fit des demandes de subventions auprès d’Emploi Canada et Patrimoine Canada, les deux principaux bailleurs de fond.

 

En 2008, il a créé le Club des Mousquetaires radio, pour amasser une tranche importante des argents nécessaires pour la construction d’un deuxième studio pour CILS FM.

 

…. Intermède musical 30 secondes….

 

Dramatique 3 :

 

Annabelle :  Alors, qu’en pensez-vous Madame?  Est-ce que je suis sur la bonne voie?

Professeur :  Très intéressant, ton résumé.  Mais, j’aimerais en savoir plus sur le mandat de la radio, ainsi que sur ce monsieur Jacques Vallée… as-tu des informations là-dessus?

Annabelle :  J’ai un ou deux paragraphes sur le mandat.  Quant au Docteur Vallée, j’ai quelques notes biographiques.

Professeur :  Et as-tu assez de matériel pour compléter ton travail?

Annabelle :  Bien, je suis pas sure que j’ai assez d’information sur la radio et le Dr Vallée pour tout mon travail.  Je vais pousser ma recherche.

Professeur :  Ok.  Je suis toujours disponible, tu le sais.  Reviens me voir.

Annabelle :  Vous pouvez en être sûre!

 

… intermède 30 secondes…

 

Narration 2 :

 

Selon la demande originale de licence, la radio diffuserait 126 heures par semaine, dont 25 heures seraient de la programmation ‘’maison’’.  Le CRTC (Conseil de la Radio Télédiffusion Canadien) demande à ce que 15% de la programmation hebdomadaire soient des émissions de créations orales axées principalement sur la collectivité.

 

La priorité doit être donnée aux artistes locaux et régionaux afin de mieux faire connaître leur culture et leur musique.

 

Les styles de musiques doivent être variés :  rétro, pop, folklorique, country, cajun, rap, hip-hop, disco, jazz, classique et du monde.

 

La radio prévoyait également donner l’occasion aux étudiants de l’école francophone Victor-Brodeur de Victoria, ainsi qu’à ceux d’autres institutions d’enseignement, offrant des programmes d’immersion française, de participer à des activités de formation et peut-être même de gestion.

 

Le 7 novembre 2007, CILS-FM entrait en ondes sur la fréquence 107,9 MHz.

 

… Félix Leclerc, Le petit bonheur…. 2m37s… https://www.youtube.com/watch?v=IOmZ_pF_XFI

 

… ambiance de salle à manger du type ‘’soirée-bénéfice’’… conversations…. Plats…

 

Dramatique 4:

 

Présentateur:  Mesdames et messieurs… s’il vous plaît…

… le brouhaha diminue avec chaque intervention du présentateur…

 

Présentateur :  S’il vous plaît… un peu de silence…

… le silence se fait…

 

Présentateur :  Mesdames et Messieurs.  Lorsqu’on m’a demandé d’officier un hommage au Docteur Jacques Vallée dans le cadre de la Semaine de la Francophonie, non seulement je me suis senti honoré de présenter un tel pilier de la i à Victoria, mais je me suis aussi senti submergé par l’ampleur de la tâche.  Par où commencer? Ses accomplissements sont nombreux… que dire, et que passer sous silence?  J’ai donc décidé de me faire aider par quelqu’un qui l’a côtoyé plus que je ne l’ai fait.

Mais, je peux quand partager avec vous quelques informations. Jacques P Vallée naquit en 1945 à Montréal. Astronome professionnel (Doctorat en 1973), il a travaillé plus de 38 ans au Conseil National de Recherches du Canada.  Le Docteur Jacques Vallée déménagea à Victoria en 1996, et fut employé à l’Observatoire sur la montagne Little Saanich.

Il a publié plus de 160 articles scientifiques en anglais dans des journaux professionnels en astronomie avec évaluation par des pairs (peer-reviewed).  Son champ de recherche inclue le magnétisme dans l’Univers, et la galactographie (la géographie de notre galaxie, la Voie Lactée, y compris les sous-structures  dans les bras spiraux d’étoiles).

 

C’est un scientifique de profession, mais il a réussi à utiliser cette rigueur, cette intelligence et ce cœur qui le caractérisent, à la défense et à la promotion de la langue et la culture francophone en Colombie Britannique.

 

Pour vous parler de ses accomplissements, je demande à son ami, Adalbert Tartempion, de se joindre à moi.

 

…. Applaudissements… brouhaha…

 

Adalbert :  Merci, merci…   Mon dieu… que dire de Jacques?  Ou plutôt, que choisir de dire, parmi tous ses accomplissements? Parlons d’abord des prix qu’il a reçu pour son implication dans la francophonie.

 

Au régional, Jacques a reçu le Prix Henriette Moreau  en 2015 de la Société Francophone de Victoria.

Au provincial, il a été récipiendaire du Prix Napoléon Gareau en 2014 de la Fédération des francophones de la Colombie Britannique.

Au national,  l’Alliance des Radios Communautaires du Canada a reconnu son implication et lui a remis le Prix Serge Jacob en 2011.

 

Il a occupé, à plusieurs reprises et dans différents organismes, des positions au sein des Conseils d’administration.  Ainsi, au service de la Société francophone de Victoria, il a siégé comme Président du CA de 2002 à 2004, de Conseiller de 1999 à 2001, Vice-Président de 2001 à 2002, et Conseiller de 2006 à 2014.

 

Pour son bébé, la Société radio communautaire Victoria, il a donné de son temps et de son énergie au poste de Président de 2000 à 2002, et de 2005 à 2012.

 

À la station CILS-FM, mon ami Jacques fut Directeur Général bénévole, de 2005 à 2012.

 

Avant d’aller plus loin, et avant de vous endormir par mes discours trop longs … rires… laissons le crachoir à notre groupe musical invité :  Les Voyageurs!

… applaudissements….

… Groupe :  Les Voyageurs… chanson enlevante.… 3 minutes…

Applaudissements…

 

Dramatique 5 :

 

Adalbert :   Voilà qui nous a donné des fourmis dans les jambes.  Merci Les Voyageurs!  Et on continue avec l’histoire de mon ami Jacques.  Vous savez qu’il a écrit, et écrit encore des articles scientifiques.  Mais il a aussi écrit sur l’histoire.

 

En mars 2015, il pond un article de 4 pages sur les débuts de CILS-FM,  intitulé “Building CILS-FM: a French radio station” paru dans la revue trimestrielle “BC History” de la BC Historical Federation, un article couvrant  la période de 1999 à 2007.

 

Il a été l’auteur de plus de 150 articles en français pour le “grand public” dans le mensuel Le Réverbère de la SFV:  sur l’astronomie, sur sa présidence à la Société Francophone de Victoria, et sur sa présidence à la Société Radio Communautaire de Victoria.

 

Maîtrisant la langue de Molière, il est celui qui a pondu l’énorme demande menant à une licence émise par le CRTC pour la radio communautaire.  Je souligne le mot ‘’énorme’’ :  la demande comptait 335 pages!  Quand il en a terminé l’écriture, je suis sûr qu’il s’est exclamé :  Je suis enfin arrivé au boutte du boutte du boutte!!!

 

…. Rires…

 

Il est l’auteur de quelques chapitres du Tome II de Présence Francophone à Victoria 1987-2017, livre dont Jacques fut le Maître d’œuvre pour le compte de l’Association Historique Francophone de Victoria.

 

Oh!… on me fait signe que je dois terminer… j’ai dépassé mon temps de parole… j’ai beaucoup parlé, je sais, mais je n’ai fait qu’effleurer le sujet.  Il y a encore tant à dire sur mon bon et fidèle ami Jacques!

 

Et il continue, encore et toujours à nous étonner par son énergie et son implication.

Longue vie à ce pilier de la vie communautaire francophone à Victoria, monsieur Jacques Vallée!

 

… vivas… applaudissements… en fondu…

… Le groupe Voyageurs… 3 minutes…

 

 

Narration 3 :

 

CILS FM continue à émettre sur la radio conventionnelle grâce à une antenne, mais aussi en ‘’streaming’’; on peut l’écouter de poste fixe ou en ballado-diffusion.

 

Plusieurs employés se sont succédés au cours des années, dont certains ont bénéficié de l’expérience pour obtenir des postes dans les média publics et privés.

 

Les emplois permanents de la radio communautaire, sont à la direction générale et à la direction de la programmation.  Mais à chaque année, la station engage des employés contractuels dont le mandat est de produire des émissions de qualité, dont les sujets varient.

 

Mais la radio, tout comme les organismes communautaires, ne pourrait exister sans l’engagement de ses bénévoles.  Ils sont la trame soutenant l’œuvre principale.  Depuis sa fondation, CILS a vu défiler des bénévoles venant de tous les milieux :  francophones et francophiles, jeunes et moins jeunes, étudiants, travailleurs et retraités, lecteurs, créateurs, animateurs, techniciens, monteurs… Tous ces gens avec une même passion :  la vie francophone!

 

Et chacun d’entre eux, chacune d’entre elles, participe à la mise en onde d’une émission en mettant à profit son expertise, ses connaissances et son énergie.

 

La production d’une émission est le résultat de beaucoup de travail :  conception, recherche, écriture de scripts, animation et technique.

 

Devenir bénévole pour à la radio communautaire, c’est une occasion d’apprendre le fonctionnement de cet organe de communication, d’explorer des avenues qui nous étaient jusqu’alors inconnues, de développer de nouvelles habiletés, et de participer à la cause francophone en Colombie Britannique.

 

… intermède 30 secondes…

… ambiance école fin de cours… corridors… cogne à la porte du prof…

 

Dramatique 6 :

 

Professeur :  Et alors, Annabelle, comment avance ton travail?

Annabelle :  Ça va.  Je crois que j’ai presque terminé.

Professeur :  As-tu assez de matériel?

Annabelle :  Je crois bien que oui… et je suis surprise en fait, de ce que j’ai trouvé.

Professeur :  Que veux-tu dire?

Annabelle :  Bien… j’ai parlé à plusieurs francophones depuis le début de mon travail :  membres de ma famille, amis, parents de mes amis.  Plusieurs ont dit savoir qu’il existe une radio communautaire, mais peu disent l’écouter.  Je ne comprends pas…

Professeur :  Hum… leur as-tu demandé pourquoi ils n’écoutaient pas?

Annabelle :  Oui…

Professeur :  Et alors?

Annabelle :  Et c’est ça que je ne comprends pas.  Ils m’ont presque tous répondus qu’ils ne savaient pas pourquoi ils n’écoutaient pas… Ils disent aimer la musique que l’on y joue, les émissions d’actualités, celles de connaissances générales, etc.  Il me semble, qu’en tant que minorité francophone en milieu majoritairement anglophone, on se doit de participer, ne serait-ce que passivement, en écoutant à la radio, à la rétention de notre culture.

Professeur :  C’est en effet un peu déconcertant.  Mais le travail que tu vas présenter aidera peut-être à engager les gens, ne serait-ce, comme tu le dis, à participer passivement.  Mais certains seront peut-être aussi stimulés à en faire plus, et qui sait, peut-être à devenir bénévoles.

Annabelle :  Je l’espère.  Car une radio, c’est un moyen puissant d’éducation!

Professeur :  Tu me donnes l’envie de présenter une émission sur l’histoire des francophones!

Annabelle :  Comptez-moi parmi vos bénévoles!

 

… chanson de fermeture… 3 minutes…