CHAPITRE I

Le Chrono-tupos

 

On est dans une classe; on entend des étudiants parler dans le background.

Une cloche sonne pour annoncer le début des cours. Brouhaha dans le corridor.

Les élèves se taisent et le silence se fait. Le professeur est une femme.

Prof :  Bonjour.  Mon nom est Kanda Vertefeuille.  Vous pouvez m’appeler Madame Kanda. Le cours d’histoire cette année sera des plus intéressants.  Comme vous le savez sans doute, l’école a fait construire un laboratoire d’Histoire.

Une élève lève la main

Prof :  Oui? Tu as une question? D’abord, quel est ton nom?

Émilie :  Émilie Morel.  Madame, on a entendu parler du labo d’histoire. Mais à quoi ça sert, un labo d’histoire? Rendus en 12ième année, on a déjà tous fait de la recherche.  Qu’est qu’il a de différent dans ce labo-là?  Des nouveaux ordi?

Les jeunes rigolent

Prof :  Très drôle!  Non, pas de nouveaux ordi… bien que l’école se soit aussi dotée des nouveaux modèles.  Non… On a bien fait ça : on a réussi à garder le secret.  Et le labo ne sera accessible que pour les classes de 12ième, sous la supervision d’un professeur.

Les jeunes chuchotent…. On ne nous fait pas confiance… on est plus des enfants…

Prof :  Du calme!  Du calme!  Laissez-moi terminer avant de vous énerver!  Parlons d’abord du travail que vous aurez à produire d’ici la fin de la session.

Nouveaux chuchotements, incompréhensibles.

Prof :  Cette année vous aurez à préparer une présentation sur un ou des personnages francophones, des individus ou des groupes qui font partie de l’histoire francophone de la Colombie Britannique :  ces hommes et ces femmes qui ont gardé la francophonie vivante, qui ont défendu nos droits, et qui se sont assurés que notre identité soit soutenue par les institutions. Pour les élèves qui le désireront, vous aurez aussi la possibilité de tourner votre travail en une ‘’dramatique’’.  J’ai déjà parlé avec vos professeurs :  ça comptera pour votre travail de session du cours de français.

 

Un jeune lève la main.

Prof :  Edmée!  Bien contente de te retrouver dans ma classe cette année!  Une question?

Edmée :  Est-ce qu’on peut choisir qui on veut?

Prof :  Oui… à condition que ce ne soit pas un personnage ou un regroupement sur lequel tu as déjà travaillé! Tiens… aide-moi à distribuer les cahiers.

Edmée :  Mettons que ce soit un francophone qui n’a pas fait l’histoire… qui ne s’est pas démarqué par son implication dans la défense des droits, mais qui devrait quand même avoir sa place dans l’histoire pour ses talents, ou pour un accomplissement quelconque ou juste parce qu’il… elle a vécu au BC …

Prof :  A quoi tu penses?  Peux-tu préciser ta pensée?

Edmée :  Bien… je pense aux artistes, par exemple.  Ils ne se sont pas nécessairement battus pour la francophonie, mais ce sont des gens dont on peut être fiers… des chanteurs… peintres ou écrivains francophones.

Prof :  … hum… oui… en-effet.  Je n’avais pas pensé à eux… bonne idée!  Alors, on rajoute ça à la liste…!!! Merci Edmée.  Très pertinent!

 

Bruit de chaises sur le plancher, bruits de pas; on entend les livres tomber sur les bureaux; et les jeunes qui s’exclament en ouvrant les cahiers. Rires… exclamations diverses…

Élève inconnue :  Mais Madame…. Il y a rien dans le cahier !!! Il n’y a même pas de lignes!

Chuchotements, ricanements….

Prof :  Merci Edmée.  Silence, s’il vous plaît! Silence….

Prof :  En effet, il n’y a que des pages blanches… ce sera votre cahier de travail. Il n’y a rien d’écrit, car tout est à écrire… votre travail se fera sous la forme d’un journal de bord.  Vous pourrez y peindre le personnage de votre choix :  physiquement et psychologiquement.  Vous y décrirez aussi l’époque à laquelle il ou elle vivait ainsi que la région de la Colombie Britannique où se passe ce que vous choisirez de raconter :  géographie, vie politique, mode, nourriture, et cætera. Parlez du passé de votre personnage, de ce qui l’a amené à se distinguer parmi ses compatriotes de l’époque. Si vous décrivez une organisation communautaire, parlez de son histoire, de ses fondateurs.  Enfin, donnez tous les détails qui vous croyez, nous permettront de mieux voir ce que vous aurez vu.

Sébastien :  Qu’on aura vu?  Il n’y a pas toujours des images sur les sites ou dans les livres.  Comment est-ce qu’on peut voir?  Est-ce qu’on peut coller des photos, dans notre cahier?

Prof :  ricane doucement En effet, les méthodes de recherche traditionnelles ne donnent pas toujours des résultats ‘’visuels’’ probants… ricane… Et oui, vous pourrez y coller des images.   J’en viens donc à notre laboratoire d’histoire et je vous demande de rester calme. D’abord, quelques consignes.  En aucun cas, vous ne devez entrer dans le laboratoire ou utiliser les appareils sans ma supervision ou celle d’un assistant de labo.  D’ailleurs, le labo est verrouillé en tout temps.

Murmures

Prof :  Laissez vos choses dans la classe. Nous allons au labo maintenant.  C’est la façon la plus simple de vous expliquer.

Bruits de chaises que l’on bouge sur le plancher… élèves qui parlent… porte qui ouvre… corridor.

Comme les élèves entrent dans le labo, on entend des

OH et des AH, et des ‘’Qu’est-ce que c’est?’’  WOW!…

Prof :  Assoyez-vous, restez calmes… je vais tout expliquer !!!

Plusieurs élèves parlent en même temps, essayant de se faire entendre par le prof; on entend plus clairement l’élève 3 que les autres

Élève 1 :  Ça sert à quoi, les casques?

Élève 2 :  C’est quoi, tous les fils?

Élève 3 :  C’est de la réalité virtuelle? Il n’y a rien de nouveau là-dedans

Élève 4 :  Ouais!  Pourquoi le secret?

Élève 5 :  C’est n’importe quoi!

Prof :  Du calme, du calme!  Oui, c’est de la réalité virtuelle, mais pas mal plus réalité que vous ne le croyez!  Voilà… je vous présente le Chrono-tupos… du grec ancien qui signifie ‘’L’empreinte du temps’’.  Il s’agit d’un appareil qui nous permet de projeter notre pensée, notre conscience, dans le passé, afin d’y être témoin d’évènements, sans toutefois être capable d’y participer!

Explosion de joie, d’incrédulité… rires nerveux… babillages

Prof :  SILENCE!!!

Le silence se rétablit peu à peu…

Prof :  À la prochaine période, vous recevrez des instructions précises de la part de l’assistant de laboratoire, qui a lui-même reçu une formation de plusieurs semaines, à la maison mère du fabriquant, sur Haïda Gwaï.  Mais d’ici là, je vous demanderais de faire des recherches pour trouver un ou des personnages dont vous aimeriez raconter l’histoire.

Élève :  Est-ce qu’il y a une période particulière que l’on doit couvrir?

Prof :  Entre la fin des années 1830 jusqu’à aujourd’hui; cela vous donne un peu plus de 100 ans.  Tous ceux et celles qui ont fait l’histoire francophone ont été importants dans la survie de la langue ici en Colombie Britannique.  On en connaît plus sur les personnages politiques que sur les autres, et c’est normal :  ils ont fait la première page des journaux de l’époque, ont été l’objet d’étude de la part des historiens, et ont laissé leur ‘’marque’’ dans l’histoire.  Mais, d’autres, des centaines d’autres, des gens ordinaires, sans aspirations de gloire, ont soutenu, nourri et défendu la cause francophone à travers la courte histoire de la Colombie Britannique et vous pouvez… devez… aussi parler d’eux.

 

Questions en rafale de la part des étudiants.

Élève 1 :  Comment sait-on que ça fonctionne?

Élève 2 :  Ouais!… Est-ce qu’on ne peut pas rester prisonniers?

Élève 3 :  Est-ce qu’il y a des dangers?

Prof :  Non, il n’y a aucun danger.  Vous pouvez bien imaginer que la compagnie a testé et retesté la machine des milliers de fois.  L’Agence Spatiale Canadienne et l’Institut Marie-Esther-Blondin pour l’Avancement des Sciences ont donné leur aval… Et je l’ai moi-même essayée!

Wow!… Comment c’était?  Qu’est-ce que vous avez-vu?  Ça marche vraiment?  Chuchotements et babillages….

Prof :  Oui, ça fonctionne!  Et j’ai en plus profité d’une offre de la radio communautaire francophone, CILS FM, qui comme vous le savez, est toujours à la recherche de nouvelles émissions.  Grâce à la participation de leurs bénévoles, nous avons enregistré une petite ‘’démo’’ pour mieux vous faire comprendre ce que j’attends de vous.

Élève 1 :  Est-ce qu’on peut l’entendre?

Élève 2 :  Je n’aime pas les micros, moi… est-ce qu’on est obligé?

Prof :  Oui, vous allez l’entendre.  C’est ce qu’on fera pour le reste de la période.  Et non, vous n’êtes pas obligés d’enregistrer. Les bénévoles de la radio, ainsi que des étudiants d’autres écoles se sont portés volontaires pour le faire.  Votre travail consiste en la recherche et l’écriture de votre journal de voyage, de votre journal de bord.  Si vous le voulez, vous pouvez jumeler le travail de français, comme je l’ai déjà mentionné, en écrivant une dramatique.  Le reste, je m’en occupe.

Alors, on y va?  Vous êtes prêts à écouter la démo?

Plusieurs élèves : Oui… ça va être brillant, j’en suis sûr…. Ça va nous donner une bonne idée… sais-tu déjà qui tu vas choisir?… non… toi?

 

Pièces musicales :  Il y aura 3 pièces musicales durant la durée de l’émission, pour une durée totale d’environ 10 minutes.  Elles seront intercalées entre les blocs dramatiques et les blocs narration. Pièces de différentes époques, selon la période couverte par l’émission; de toute la francophonie.

… pièce chantée; environ 3 minutes…. Voyageurs

Intro sonore :  le même montage sonore sera inclus au début de chaque dramatique; cela représentera le bruit de la machine…. Une quinzaine de secondes.

 

Dramatique 1 :

Fond sonore :  une rivière qui coule; des hommes qui forcent en pagayant

 

Médard :  Pierre!  Pierre!  Rame plus vite, mon vieux!  Faut arriver au campement avant la nuit!

Pierre :  Je fais tout ce que je peux, beau-frère!  Le portage d’à matin, m’a brisé les reins!  On a beau être habitué à la grosse ouvrage, mais quatre cents peltries, en plus de la nourriture et de l’équipement, c’est pesant!

Médard :  Mauviette!  Je suis plus vieux que toi, et je me plains pas!

Pierre :  Je me plains pas… mais je peux pas faire plus vite… faut dire que ma charge était pas mal plus lourde que la tienne!

Les deux hommes rient de bon cœur!

 

Narration 1 :

Les deux hommes sont Médard Chouart des Groseillers, et son beau-frère, Pierre-Esprit Radisson.  Nous les rencontrons alors qu’ils reviennent de leur expédition aux Lacs Supérieurs et Michigan.  Leur ‘’caravane’’ consiste en une centaine de canots remplis de fourrures.

 

Des Groseillers est né en France en 1618 et est mort à Trois-Rivières en 1696.  Il avait presque 80 ans. Ce qui, à l’époque était un âge plus que vénérable.  Si on considère, que pendant plusieurs années, il a été un explorateur et un coureur des bois, c’est encore plus exceptionnel.

 

Comment est-il devenu explorateur?  À son arrivée en Nouvelle-France, en 1634, à l’âge de 16 ans, il a été reçu comme ‘’donné’’ par les missionnaires jésuites de Ste-Marie-au-pays-des-Hurons.  La mission du ‘’donné’’ consistait à se consacrer à Dieu, en offrant sa vie et son service au travail missionnaire parmi les Hurons.  En contrepartie, il bénéficiait du support et de la fraternité des autres membres de la congrégation jésuite.

 

 

 

Dramatique 2 :

… bruits de plusieurs hommes (une centaine) débarquant, canots sur la berge, conversations…

 

Pierre :  Bon.  Nous voilà arrivés.  Je vais ramasser le bois pour un petit feu.  On a de quoi à manger?

Médard :  Il nous reste encore de l’avoine et du lard.  On va se faire un brouet.  On a encore des bleuets secs?

Pierre :  Je pense bien que oui!  Les Algonquins nous en ont donné des masses!

 

bruits de branches cassées, et d’un feu qu’on commence… pierre-silex… eau qu’on puise à la rivière… cuiller dans le fond d’une marmite…un homme qui fredonne une vieille chanson (environ 60 secondes)…

 

Pierre :  Penses-tu qu’on aura un bon prix pour nos peltries?

Médard :  Sont de bonne qualité… on en a beaucoup… on a du loup et du vison… du castor… tu sais comme la cour du Roi Soleil aime le castor… et la reine, le vison!

Pierre :  Je me demande si on ne pourrait pas en ramener plus, l’an prochain… On a une bonne équipe, avec les Hurons et les François… on pourrait en ramener des milliers d’autres…

Médard :  C’t’une bonne idée!  On pourra même retourner au nord… à la ‘’Mer salée’’… c’est un pays si riche en animaux… Il fait froid en hiver, si haut dans le pays… c’est pas surprenant que les animaux aient une si belle fourrure!

Pierre :  Avec l’argent qu’on gagnera avec c’t’e voyage-ci, on pourra facilement organiser celui de l’an prochain… faudra partir tôt après le printemps… sinon on risque d’être pris dans les glaces et de pas pouvoir revenir avant un an…

Médard :  Ma sœur ne me pardonnerait pas de te garder loin d’elle trop longtemps!  Mais bonne idée!  On devrait essayer de garder les mêmes guides que ce voyage-ci.  Les femmes Huronnes sont les meilleures au pistage.

Pierre :  Le brouet est prêt!  J’ai une faim de loup!

 

…. Bruits de cuiller de bois dans le fond d’une écuelle… hommes qui mangent… rivière et oiseaux de nuit… feu…

 

Narration 2 :

Pierre-Esprit Radisson est un personnage digne d’un roman d’aventures.  Né en France autour de 1636, on ne connait pas l’année avec certitude, car les registres des naissances ont brûlé dans le grand incendie de Paris de 1871, et il vient en Nouvelle France à l’âge de 10 ans.  Cinq and plus tard, il est capturé lors d’un raid iroquois et amené dans un village là où est maintenant la ville de New York.  Il fut adopté par ses ravisseurs, apprit leur langue et leurs coutumes durant les deux années de son séjour forcé chez eux.  Il se sauve, mais est de nouveau capturé et torturé.  Il s’évade à nouveau et rejoint Fort Orange, où il devient interprète pour les Hollandais.  À l’âge de 18 ans, il vogue vers Amsterdam.  Il revient quelques mois plus tard vers les Trois-Rivières.

 

En 1657, il se joint à un groupe de missionnaires, dont le père Paul Raguenau, qui se rend en terre iroquoise, toujours dans la région du New York actuel.

 

Là, grâce à sa connaissance de la langue et de la culture des Iroquois, et à l’aide d’un stratagème ingénieux, il permet à son groupe de s’échapper du piège qui leur était tendu par les Iroquois.

 

… intermède musical d’environ 60 secondes….

 

Dramatique 3 :

 

D’Argenson :  Alors, Messieurs, vous nous ramenez un beau butin, à ce qu’on me dit?

Médard :  Monsieur de Voyer d’Argenson, cher gouverneur, merci de nous recevoir.  Nous avons une belle surprise :  nous revenons avec cent canots pleins de peltries! Le roi va être content de notre trésor!  Ce sont les plus belles fourrures, les plus fournies, les plus douces que vous n’avez jamais vues, Sire!  Mais venez voir dehors!  On en a ramené quelques-unes jusqu’à votre résidence… cent canots, que je vous dis!

D’Argenson :  Je vous crois… je vous crois… mais, Messieurs…. Qui vous avait délivré votre permis?

Pierre :  Notre permis?

D’Argenson :  À ce que je sache, vous étiez sur les terres de Nouvelle-France lorsque vous avez acquis ces peaux… vous auriez dû avoir un permis… donc… qui vous a délivré votre permis?  Ce n’est sûrement pas moi, je m’en souviendrais!

Médard :  Mais … Messire!… Nous étions dans le Grand Nord!  À la vue de tant de richesses, nous n’avons pensé qu’à en faire profiter la Nouvelle-France… et son roi!  Serions-nous revenus chercher un permis, nous aurions perdu tout près de deux ans…

D’Argenson :  SUFFIT!  Vous n’êtes pas au-dessus des lois, Messieurs.  Un permis il vous fallait!  Je vous confisque tout :  les canots et les fourrures… tout !  … et en plus, vous devrez payer une amende salée!

Pierre :  Mais c’est insensé! Vous saisissez notre bien!  Savez-vous comme il a été difficile de ramener cette cargaison jusqu’à Québec?  Les heures de portage faites en région difficile? Les animaux sauvages que nous avons dû combattre?  Les dangers rencontrés? Nous sommes venus vous voir, dès notre arrivée, pour vous faire part de la bonne nouvelle :  il y a un territoire inexploré où ces bêtes à poils abondent!  Nous pouvons remplir à nouveau les coffres de la Nouvelle-France!

D’Argenson :  J’AI DIT :  SUFFIT!  Ne me poussez pas à bout, Monsieur Radisson!  Vos manières sont le reflet de votre éducation parmi les sauvages!

Médard :   Pierre, tais-toi!

Pierre :  Non, je ne me tairai pas!  C’est du vol!  Il veut les peaux pour lui seul!  Il veut en avoir le profit!  ….

D’Argenson :  GARDESJetez ce manant au cachot!  Nous verrons bien qui détient l’autorité ici… un mot de plus, et je vous envoie aux travaux forcés!

 

… interlude musical de 30 secondes….

 

Dramatique 4 :

… extro de l’émission… fin de la démo…

… certains élèves applaudissent, d’autres rient… brouhaha… pas pire… brillant

 

Edmée :  Super!  J’pense que je vais m’arranger avec mon prof de français!

Élève 1 :  Je comprends pas!  Je pensais qu’on devait parler des Francophones qui ont fait l’histoire de la Colombie-Britannique… Radisson et Des Groseillers, c’est bien avant la Colombie Britannique…

Élève 2 :  Oui… et c’est l’histoire de la Nouvelle-France… 1660….

Élève 3 :  C’était juste un exemple, hein, madame?

Prof :  En effet, c’était un exemple, mais… mais… Des Groseillers et Radisson ont été très importants dans la formation de la Colombie Britannique… Quelqu’un a une idée de la raison pourquoi j’ai choisi ces deux hommes pour introduire le sujet?

Élève 3 :  Bien… c’était des français, des explorateurs et des coureurs des bois.  Peut-être qu’ils sont venus ici?

Prof :  En-effet, des explorateurs, des ‘’coureurs des bois’’.  Ils sont allés jusqu’à la baie d’Hudson… je vous donne un indice :  Qu’est-ce que la Baie d’Hudson a à voir avec la Colombie Britannique?

 

interlude 30 secondes….

 

Narration 3 :

En fait, les deux hommes ont été de la plus haute importance pour la découverte de l’Ouest, et pour le développement de la Colombie Britannique.  Comment?  Voici, racontée succinctement, leur épopée.

 

Après qu’ils aient perdu tout leur ‘’butin’’ de fourrures, en plus de devoir payer une lourde amende, et que Radisson aie même fait du temps en prison, les deux hommes se rendirent en France, pour deux raisons :  la première, pour tenter de plaider auprès du Roi de France, Louis XIV, afin de retrouver le fruit de leur travail, ou du moins son équivalent en argent, et deuxièmement pour tenter de convaincre le roi de s’engager dans un nouveau projet :  la découverte et l’exploitation de la Baie d’Hudson.  À ce moment, la Nouvelle France ne parvenait pas à être autonome, et cette aventure drainait les ressources de la France.

 

Les deux hommes furent déçus:  Le roi donna raison au gouverneur de la Nouvelle France de l’époque, Pierre de Voyer d’Argenson dans sa décision de saisir leur ‘’butin’’ parce qu’ils ne détenaient pas les permis nécessaires, et leur refusa tout remboursement.  De plus, la Baie d’Hudson ne l’intéressait pas. La Nouvelle France occupait déjà un gigantesque territoire, et le roi Soleil ne pensait pas que le jeu en valait la chandelle.

 

Les deux beaux-frères, vexés par l’échec de leur démarche, changèrent d’allégeance.  Ils se tournèrent vers les anglais.  De retour en Amérique, ils se rendirent à Boston, où ils rencontrèrent un officier britannique, Charles Cartwright, qui les décida à se rendre en Angleterre pour tenter d’obtenir une audience auprès du roi Charles II pour lui exposer leur projet. Sir George Carteret intercéda pour eux auprès du roi, et les Anglais accueillirent avec enthousiasme les projets d’expédition à la Baie d’Hudson des deux français.

 

Après quelques mésaventures et plusieurs tentatives, Des Groseillers atteint finalement son but; une Ligue des Amis est fondée, et achète les terres aux autochtones avec qui elle fait du commerce, aux alentours de la Baie d’Hudson.

 

L’année suivante, Des Groseillers revient en Angleterre avec une récolte impressionnante de peaux de castor, fort en vogue à l’époque; le prince Rupert et ses associés se laissent facilement convaincre d’investir davantage. Cette ‘’ligue’’ obtient une charte royale le 2 mai 1670.  La Compagnie de la Baie d’Hudson est fondée.

 

… chanson de voyageurs… 3 minutes environ

 

Dramatique 5 :

 

Prof :  Et alors… la Baie d’Hudson?

 

Plusieurs élèves à la fois : 

Élèves :  1. Mais bien sûr, la Compagnie de la Baie d’Hudson!

  1. Hudson Bay Company!
  2. Mais c’était en 170 ans avant Fort Victoria!
  3. Qu’est-ce qui s’est passé?

 

Prof :  Après la chute de la Nouvelle-France en 1763, la Compagnie de la Baie d’Hudson a étendu son réseau de postes de traite vers le Nord et vers l’Ouest.

 

Jusqu’en 1775, les espagnols et les anglais se partageaient les Amériques.  L’Angleterre régnait sur 13 colonies sur le territoire actuel des États-Unis et du Canada.

 

La Compagnie de la Baie d’Hudson établit toute une série de forts, de postes de traite dans les colonies.  Au début des années 1800, la CBH est entrée en compétition avec la Compagnie du Nord-Ouest de Montréal, et les deux finirent par fusionner, après un sanglant conflit pour le contrôle des fourrures.

 

La grande majorité des coureurs des bois, des engagés, des voyageurs, étaient des francophones. Ils ont travaillé dans tous les postes de traite, exploré le territoire, établi des contacts commerciaux, et personnels, avec les premières nations.

 

Élève 1 :  Et ça, ça nous amène à la fin des années 1830?

Prof : Oui… l’histoire des coloniaux, entre 1800 et 1830 est pleine de rebondissements, d’aventures et de découvertes. Mais, puisque nous voulons surtout nous concentrer sur l’histoire des francophones, je crois que les années ’30… 1830… sont un bon départ.

 

Je suis disponible tous les jours, entre 15heures et 15H30 si vous voulez discuter avec moi de vos personnages ou de la période que vous aimeriez couvrir.  Le plus tôt vous aurez arrêté votre choix, le plus probable ce sera que vous conserverez ce sujet.  En effet, je ne veux pas, autant que cela est possible, que le même personnage soit mis trois fois sur la sellette!

 

N’oubliez pas d’aller chercher vos effets dans la salle de classe, et on se revoit la semaine prochaine!

 

… effets sonores :  chaises, pas, brouhaha, cloche fin de cours… en fondu avec

 dernière chanson (traite des fourrure?) 3 minutes environ